
Le sentier est très bien
balisé, et ce, dès le départ du parking d'Anéou à 1720 m. Vous laisserez
sur votre gauche le cirque d'Anéou avec sa cabane de berger afin de
descendre pour passer sur un pont de bois vers le nord-est. Regardez au
loin, car le sentier et très bien balisé et à la hauteur du pont, vous
verrez le panneau mentionnant que vous êtes dans le parc national des
Pyrénées. Remontez continuellement le sentier en direction du nord, et
arrivant à une intersection, vous apercevrez des panneaux indiquant la
direction du refuge de Pombie (CAF). Vous serez alors arrivé au col de
la Soum de Pombie à 2129 m. Vous prendrez alors la direction du refuge
de Pombie que vous attendrez après 1 h 15 min environ de marche totale
depuis le départ. Passez le refuge afin de redescendre légèrement en
direction de la grande raillère au pied du pic du Midi d'Ossau. Remonter
la raillère en direction du col de Suzon, le sentier s'en trouve
toujours très bien balisé. Arrivé au col de Suzon (2127 m), vous
remonterez à flanc de colline vers le nord-ouest en suivant la ligne de
crête en direction du pic du Midi d'Ossau. Le sentier s'en trouve
rétréci et vous aurez une vue splendide sur les crêtes de Moundelhs.
Puis vous arriverez ensuite après 1 h 50 min de marche, au pied de la
première cheminée. Celle-ci mesure environ 15 à 20 mètres et est
relativement technique... La cordée est
conseillée... ainsi que le port du casque afin de se prémunir des
éventuelles chutes de pierres.
Attention
également au volume des sacs à dos dont le volume supérieur à 30 Litres
peut toucher les parois latérales lors de l'ascension. Que rien ne
dépasse des sacs à dos (piolets, bâtons, etc.). Une fois la cheminée
franchie, bien entendu la seconde cheminée arrive. Elle est beaucoup
plus longue, mais pas forcément plus technique que sa devancière. Elle
est cependant impressionnante et l'encordement est conseillé. Celle-ci
court sur une trentaine verticale de mètres. La roche permet cependant
d'excellentes prises pour les mains et les pieds. Une fois l'obstacle
accompli, le sentier continue à flanc vers le nord-ouest. Une petite
portion implique encore la présence des mains. Vers 2540 m, l'itinéraire
vire à gauche et grimpe vers le sud pour gravir la face d'éboulis. À
2620 mètres, la troisième cheminée se dresse pour une quarantaine de
mètres et vous apercevrez à son sommet sur votre gauche, la croix de fer
du lieu dénommé le portillon qui vous servira de repaire pour le retour.
Ensuite l'ascension se fait jonchée de pierrailles et d'éboulis. Le
sentier est toujours très bien cairné. Vers 2830 m, vous franchirez
un muret de roche dominant un impressionnant couloir avant de remonter
l'ascension en direction du sommet. À 2870 mètres, vous apercevez depuis
l'arrête sommitale, la pointe de France culminant à 2878 m et dont vous
pourrez en réaliser le détour avant de rallier la pointe d'Espagne ou
Grand Pic d'Ossau (2884 m).
Le retour se fait par le
même chemin.
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Le pic du Midi d'Ossau
(2884m) est nommé chez nous familièrement Jean-Pierre , mot dans lequel
les étrangers voient un géant de pierre. Mais la tradition locale veut
qu’il fasse référence au fait qu’il y ait une correspondance entre les
deux pointes dissymétriques du pic et la coutume ossaloise qui voulait
qu’on nommât son fils aîné Jean, et le second Pierre. Jean-Pierre fut
vaincu officiellement en mai 1582 par M.De Candale, qui l’estima au jugé
à 1100 toises de hauteur, ce qui n’était pas loin de la vérité. C'est le
pic référence des béarnais, car il est visible en tous lieux du Béarn,
magnifique depuis le boulevard des Pyrénées à Pau ; surprenant depuis la
route de Pau à Oloron, car situé dans l'axe des 2 principaux centres
béarnais, comme pour mieux en souligner l'importance. C'est la masse
lointaine qui manque aux béarnais quand ils s'expatrient loin de chez
eux, le repère immuable.
Qui se douterait que notre magnifique Jean-Pierre qui exhibe fièrement
ses deux pointes visibles de tous les points du Béarn est en fait un
ancien volcan d’une taille phénoménale (on a parlé d’une dizaine de kms
de hauteur). Son histoire commence il y a quelques 290 millions
d’années vers la fin de l’ère primaire. Alors que la chaîne hercynienne
s’érode activement, les derniers soubresauts de sa lente formation
entraînent l’ouverture de fissures. À la faveur d’une de ces fissures,
les roches en fusion provenant de la partie profonde de la croûte
terrestre (50 km) remontent et s’épanchent en surface donnant des
coulées de lave. Ainsi naît le volcan d’Ossau qui prend de plus en plus
de volume au fil du temps. Lors d’une éruption plus violente que les
précédentes, sa partie sommitale s’effondre, formant une dépression
circulaire « la caldeira » -ou chaudron-. Le plateau de Bious, les
cirques de Moundelhs et de l’Embaradère sont situés à l’intérieur de
cette caldeira. Par la suite d’autres éruptions se succèdent sur le
pourtour laissant une structure en anneau. Petit à petit, le bassin se
comble et à l’ère tertiaire, lors de la formation des Pyrénées, ce qui
restait du volcan , c'est à dire l’anneau et les coulées intérieures de
la caldeira sont déformés : une partie de la structure venant chevaucher
l’autre, ce qui conduit à la forme observée . Sous l’effet du mouvement
d’une faille, le volcan éteint se scinde en deux parties . Les reliefs
s’érodent et l’édifice volcanique se recouvre de dépôts : c’est la fin
du cycle hercynien. Lors de la formation des Pyrénées, la structure
annulaire s'est déformée.
L’Ossau eut un voisin au
parcours semblable avec le pic d’Anayet d’origine également volcanique .
Pour mieux découvrir cet ensemble, on peut toujours faire le tour de
l’Ossau qui correspond à la caldeira (compter une bonne journée).
L'ascension du pic lui-même par la voie normale est très délicate avec
plusieurs passages difficiles malgré la présence de barreaux dans le
roc. Toutes les faces du massif (petit pic, grand pic) sont très prisées
par les escaladeurs en tout genre. Les voies d'escalade sont
innombrables (on peut trouver des ouvrages qui les énumèrent)