Le
Cylindre du Marboré se situe en Espagne dans le massif calcaire du
Mont-Perdu, lui-même situé dans la province d'Aragon. Le Cylindre fait
partie, avec le Mont Perdu et le Soum de Ramond, de l'ensemble des trois
sœurs (Très Sororès en espagnol) qui forme l'ensemble culminant
du massif du Mont-Perdu. Le Cylindre est le sommet le plus à l'ouest des
trois sœurs. C'est le 6 août 1802 Rondo et Laurens puis Ramond de
Carbonnières 4 jours plus tard furent les premiers à atteindre le
sommet. D'après le colonel Maury, l'ingénieur et cartographe espagnol
Heredia aurait fait la première ascension dès 1791. Le Cylindre du
Marboré se trouve dans le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu
(en espagnol : Parque nacional de Ordesa y Monte Perdido) est un
parc naturel situé dans la partie pyrénéenne de la province de Huesca,
communauté autonome d'Aragon, en Espagne. Le parc et sa zone
périphérique s'étendent sur les communes de Torla, Broto, Fanlo, Tella-Sin,
Puertolas et Bielsa.
Le parc national d'Ordesa
et du Mont-Perdu a été créé le 16 août 1918 par un décret royal qui
déclarait Parc National la vallée d'Ordesa sur une surface de 2
175 ha. Le 13 juillet 1982, un nouveau décret royal décide d'englober la
vallée de Niscle, la gorge d'Escuain et le massif du Mont-Perdu depuis
les pics de Gabiétous jusqu'au Port Neuf de Pinède. La superficie du
parc est alors étendue à 15 608 ha et son appellation devient « Parc
national d'Ordesa et du Mont-Perdu ». Il est inclus en 1997 dans la
réserve de biosphère Ordesa-Vignemale déclarée par l'UNESCO et, depuis
le 6 décembre 1997, dans l'ensemble Pyrénées-Mont-Perdu inscrit sur la
liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, au double titre de « paysage
naturel » et de « paysage culturel ».
Le parc est surmonté au Nord
par le massif des Trois Soeurs (Tres Sorores en espagnol, Tres
Serols en aragonais) constitué par le Mont-Perdu (3355 mètres), le
Cylindre (3 327 m) et le Soum de Ramond (3260m). Plusieurs autres pics
autour du Mont Perdu dépassent la barre symbolique des 3000 mètres,
comme le Marboré, le Taillon, le Petit et le Grand Astazou, les pics des
Gabiétous, la Tour et le Casque. Ces sommets parsèment la crête
frontière entre l'Espagne et la France, crête que vient trancher
abruptement la Brèche de Roland.
Depuis le point culminant
qu'est le Mont Perdu, une série d'impressionnantes vallées glaciaires
descendent en éventail. Les canyons d'Ordesa et de Niscle sont parmi les
plus grands et les plus profonds d'Europe. Le plus emblématique est le
canyon d'Ordesa qui fut à l'origine du parc : sous ses immenses
murailles ocres qui s'ouvrent vers l'ouest, les eaux du Rio Arazas
forment des successions de splendides cascades. Non moins belles sont
les trois autres vallées : les falaises spectaculaires du canyon de
Niscle (cañon de Aniscle) dominent le Rio Bellos dans sa course
vers le sud ; les gorges d'Escuain (garganta de Escuain) où le
Rio Yaga s'écoule vers le sud-est ; dans la dissymétrique vallée de
Pinède (ou de Pineta), des falaises vertigineuses sur un versant, des
épaulements plus doux de l'autre, escortent la Cinca vers l'est.
On peut signaler à proximité,
bien qu'ils n'appartiennent pas au parc, la vallée de Bujaruelo à
l'ouest et, situé de l'autre côté de la frontière, le cirque de
Gavarnie, un spectaculaire cirque glaciaire qui possède la cascade la
plus haute d'Europe (400 m de chute verticale).
Le dénivelé entre les zones
montagnardes et les zones basses du parc est d'environ 2600 m (750
mètres à Niscle et 3355 mètres pour le Mont Perdu). Les zones les plus
élevées du parc (altitudes supérieures à 2000 m) sont extrêmement
arides, car les eaux pluviales sont rapidement enfouies sous terre à
cause du système karstique. En conséquence, il y a peu de cuvettes
lacustres, le lac glacé de Tuquerouye étant le seul lac de dimensions
assez importantes. Les eaux resurgissent plus bas
et les fonds des vallées sont couverts d'une végétation
dense où dominent le hêtre et l'épicéa, auxquels succède le pin noir
lorsqu'augmente l'altitude.
Il existe encore un glacier
permanent sur la face nord du Mont Perdu, mais il est en régression.
L'orographie du parc doit son
originalité à la prédominance de la roche calcaire : le massif des Trois
Soeurs est le plus grand massif calcaire d'Europe. Ces roches
sédimentaires accumulées au fond de la mer à l'ère primaire
(principalement calcaire, mais aussi fytch, marnes et grès) furent au
début de l'ère tertiaire soulevées, plissées et déportées. La nappe
calcaire des « Sierras intérieures », dont le massif des Trois Soeurs,
constituée d'empilements de strates de calcaire grèseux, glissa vers le
Sud. Elle disparaît dans le synclinal du Haut-Aragon et réapparaît dans
la Sierra de Guara. Ces glissements provoquèrent des empilements de plis
et des renversements de couches : en haut du massif, des calcaires
anciens se retrouvent au-dessus de calcaires plus récents. Le pli couché
de Torla en est une trace évidente.
A l'ère quaternaire,
l'érosion glaciaire sculpta les roches calcaires. Elles donneront au
paysage cet aspect très affirmé de cirques et de vallées glaciaires en
U, comme on peut le voir dans les vallées d'Ordesa ou de Pinède. La
transformation karstique et l'érosion par ruissellement vinrent
s'ajouter à l'érosion glaciaire, créant de multiples grottes, avens,
gorges, combes, dolines, etc. Ainsi dans le canyon de Niscle et la
Garganta d'Escuain, la partie haute est un cirque glaciaire alors que la
partie basse s'encaisse entre des gorges profondes.
L'espèce emblématique du parc
était le bouquetin des Pyrénées, dont la sous-espèce pyrénéenne (Capra
pyrenaica pyrenaica) a disparu en 2000 malgré les efforts de
préservation. Les autres espèces présentes sont l'isard (Rupricapra
rupricapra), la marmotte, le sanglier et le desman des Pyrénées (Galemys
pyrenaicus). Les rapaces sont aussi abondants, tels l'aigle royal, le
vautour fauve, le faucon, le grand-duc, des chouettes, vautour
percnoptère et quelques gypaètes. On peut aussi citer le coq de bruyère
et la perdrix des neiges.
La protection du parc
s'applique à la faune, à la flore, aux minéraux et à l'espace aérien :
il est interdit de survoler le parc à moins de mille mètres du sol. Le
bivouac n'est autorisé pour les randonneurs qu'autour des refuges de
Goriz et de San Vincenda et près du lac de Tuquerouye. Autour du parc se
situe une zone de protection et d'influence où seules sont autorisées
les activités traditionnelles en rapport avec les objectifs du parc.
De nombreux personnages sont
tombés sous le charme de ces lieux. Certains ont contribués à faire
connaître ces paysages et à les protéger, tels les Pyrénéistes Henry
RUSSEL, Franz SCHRADER, Louis RAMOND DE CARBONNIERES, Lucien BRIET,
Lucas MALLADA ou Soler I SANTALO.